SPINOZA 15 août 2012

C'est bien en tant que totalement autodidacte que je cherche quelques idées forces de la pensée de Spinoza.

C'est en son temps une pensée essentielle et d'abord dans sa conception de la divinité. La pensée juive au fil des siècles a peu à peu pensé la divinité comme quelque chose de plus en plus étranger à l'homme, inaccessible, incompréhensible pour la Raison humaine. Spinoza va ailleurs. Pour lui la nature et Dieu sont équivalents. La nature dans le sens de toute la réalité. Dieu n'est donc pas plus haut et inaccessible il est là partout.

Les conceptions de Spinoza sont typiques de ce 17ème Siècle qui voit le triomphe de la mécanique, et d'abord de la statique. Pour Spinoza tout est déterminé d'avance, y compris pour Dieu/la Nature par les causes de toutes choses. La liberté en ce sens n'est qu'illusion.

Mais si nous savons étudier et connaître les causes alors nous comprendrons le fonctionnement des choses.

Spinoza, un des premiers, prend donc le parti de la possibilité de tout connaître par l'étude des causes de toutes choses. En cela il annonce les Lumières et les notions de progrès des Sciences et des Techniques, mais aussi des sociétés.

Spinoza est donc à l'opposé de tous ceux qui sont dubitatifs sur la possibilité de connaître vraiment le monde qui nous entoure, qui pensent que, plus on en sait, plus on voit le fossé de l'inconnu s'approfondir. A l'opposé aussi de tous ceux qui pensent, notamment avec les théories du chaos, qu'on ne peut rien prédire parce qu'un très faible changement imperceptible d'une cause peut totalement modifier tout un tas de phénomènes en cascade.

Ce qui est certainement le plus positif chez Spinoza c'est l'explication du désir (comme intérieur et non causé par l'extérieur), sa valorisation, ainsi que cette philosophie qui doit permettre la joie et la béatitude. Même si cette béatitude active est due à la connaissance par la plénitude du savoir.

Mais comme Descartes, comme toute notre philosophie occidentale, Spinoza pense le moi comme fixe, déterminé. Il est très éloigné des philosophies orientales. Il voit et analyse les choses de manière fixe, statique. Alors que les orientaux pensent le monde comme un mouvement perpétuel. Les orientaux pensent aussi le moi comme variable et donc indéfinissable. Je suis toujours différent, comme l'eau qui coule sous le pont.

Spinoza est un jalon essentiel de la pensée occidentale, mais par ses grandes avancées il caricature aussi celle-ci et en subit les limites dues à ses conceptions fixistes et optimistes sur la possibilité de tout connaître.