Les Grecs ont donc voté non au plan d’austérité européen. On n’a pas de conseil à leur donner, car c’est eux qui d’une manière ou d’une autre subiront les conséquences de leur vote. On n’a pas le droit d’avoir l’attitude irresponsable de B.H.L. qui appelait les Ukrainiens place Maïdan à rejoindre l’Europe, alors que les conséquences pouvaient et ont été très graves (y compris en vies humaines) et que lui a repris l’avion le soir. Simplement, après vote, je dirai que si j’avais été grec j’aurai voté non dimanche dernier. Tout est comme d’habitude montré en noir ou blanc. Pourtant rien n’est simple. D’un côté il est évident que la potion amère qui a été imposée à la Grèce depuis 2007 n’a fait qu’aggraver les choses et qu’elle a été totalement contre productive. L’austérité pour tous, qui frappe donc les plus faibles en priorité (et souvent eux seuls) n’a fait que diminuer la production, les rentrées fiscales et donc augmenter la dette et le chômage des jeunes en particulier. Les Grecs ont donc eu raison de refuser une politique qui va dans le même sens. D’ailleurs les économistes un peu ouverts que ce soit Stiglitz ou Piketty et même Strauss Kahn le disent tout haut. D’un autre côté des réformes devraient être faites. La lutte contre la corruption, contre le travail non déclaré qui grève les impôts, la réduction des exonérations fiscales de la richissime église grecque, des grandes dépenses militaires pour ne prendre que ces points symptomatiques sont des réformes ajournées ou insuffisamment menées. Il y a largement la possibilité d’un compromis d’autant que l’économie grecque représente très peu en Europe. Tous les pays européens ont fait au moins une fois défaut sur tout on partie de leur dette (y compris l’Allemagne dans les années 1950). Par contre l’importance de la Grèce est grande. Importance symbolique d’abord et ce n’est pas négligeable. Mais aussi importance géopolitique : limitrophe de la Turquie, proche du Moyen Orient en feu, porte d’entrée très importante de l’immigration clandestine en Europe. Mais aussi un pays tenté par l’alliance avec la Russie poutinienne. Veut-on envoyer la Grèce dans les bras de Poutine ? Malheureusement ce qui manque à l’Europe, comme toujours, c’est à la fois des structures politiques et une intelligence. Des structures politiques car tout devra être décidé à l’unanimité et ce sera impossible ou au moins très difficile. D’intelligence car les préjugés étroits risquent inévitablement de l’emporter dans nombre d’Etats. Souhaitons que j’aie tort pour le bien de ce pays que j’aime tant et où j’ai toujours envie de revenir.