L’élection présidentielle est largement en vue ( de toutes façons étant donné le système actuel quinquennal elle est en vue dès l’élection précédente acquise).

Pour y réfléchir, même si je dois changer d’avis, essayons d’être logique. D’abord quelles seraient les grandes lignes politiques qui me semblent essentielles à faire avancer. Pour moi j’en vois trois que je donne dans le désordre, sans détailler ici. Premièrement une urgence environnementale. L’aveuglement face à la crise est toujours aussi grand et ce ne sont pas les sommets internationaux actuels qui actuellement y changent grand-chose. Deuxièmement une crise de gouvernance économique, les politiques ayant laissé la main des décisions essentielles aux multinationales financières ou à des organismes internationaux, comme l’union européenne, qui pratiquent globalement une politique dans l’intérêt de ce capitalisme financier. Le problème étant comment reprendre la main. Troisièmement une crise démocratique complexe liée autant à la situation actuelle qu’à une évolution générale d’une forme de la modernité vers plus d’autonomie des individus (le mauvais côté d’une bonne chose). Les propositions sont loin d’être évidentes.

Le problème ensuite est celui du résultat prévisible de l’élection. S’il est évident que chaque élection réserve toujours une large part d’inconnu, qui met du sel dans ce monde trop tristounet, il y a quand même des évidences. Les trois, quatre, voire cinq qualifiables sont dans le désordre Le Pen, un Républicain (et pour moi ce sera Sarkozy, que je vois d’ailleurs élu), un Socialiste (certainement Hollande) et pourquoi pas un plus à gauche type Mélanchon, à la rigueur un centriste type Bayrou si Sarkozy est candidat. Les deux derniers, s’ils peuvent éventuellement devancer le socialiste ou le Républicain n’ont quasiment aucune chance d’aller au second tour, encore que le centriste c’est moins sûr, cela serait l’inconnu de ce scrutin. Et le duel prévisible est Républicain - Le Pen avec la victoire du premier (Sarkozy je parie depuis longtemps). Sur ces cinq candidats on ne peut pas dire qu’ils feront avancer grand-chose sur les trois domaines dont je parlais plus haut, sauf si l’urgence de l’actualité avec une pression médiatique les y contraint, et alors peu importe qui sera aux manettes. Pourtant on ne peut quand même pas dire qu’il n’y a pas de différences entre les cinq solutions. Il est évident qu’une élection (et même un grand score, pourtant prévisible) de Le Pen serait catastrophique à bien des égards, sans sombrer dans la paranoïa gauchiste (elle n’est pas nazie, ni même fasciste). L’élection de Sarkozy serait elle aussi, même différemment, préjudiciable. Il suffit de voir son programme, même s’il est fait pour ne pas être appliqué. La division des Français, le retour réactionnaire, au moins au niveau des idées est très profond. Pour les autres si c’est un Républicain type Juppé (mais il va très probablement se faire bouffer par les dents longues et politiciennes de Sarkozy), un socialiste ou un centriste la différence est plus que mince. Un candidat plus à gauche n’aurait aucune chance au second tour, sauf imprévus d’actualité gravissime.

Dans ces conditions le vote est par élimination. Si les trois possibles étaient un Républicain type Juppé, un socialiste ou un centriste l’élection n’aurait pas d’importance et on pourrait voter au premier tour pour un candidat plus marginal (je n’en vois pas pour l’instant, le seul qui me paraissait convenable Hulot s’est désisté, et je le comprends bien). Donc dans le contexte actuel il faudra dès le premier tour voter utile, c'est-à-dire parmi ceux qui vont émerger des primaires ou un centriste qui tenterait de faire tomber Sarkozy.

On va voir ce qu’il en sera alors. Attendons les primaires et leurs conséquences.