Macron qui occupe présentement le monde médiatique a les plus grandes probabilités de finir, comme beaucoup d’autres avant lui au cimetière des illusions perdues. Avec son air de premier de la classe d’un collège huppé qui ne doit pas plus connaître le prix d’un ticket de métro que d’une baguette de pain il n’a rien de plus (et plutôt beaucoup moins) que Juppé ou Bayrou, deux qui sont sur le même créneau que lui. En temps normal l’agitation médiatique devrait retomber aussi vite que le soufflé. Sauf que nous ne sommes pas en temps normal !

Si Macron a une toute petite chance d’avoir un avenir, mais probablement pas du tout celui dont il rêve, c’est que nous sommes en temps de crise profonde, je n’y reviendrai pas.

Je commencerai à rappeler le précédent italien, dont j’ai déjà dit que, pour moi, il était un pays toujours précurseur sur le plan politique. Je rappelle qu’il a inventé le pacifisme dès 1914 (mis à part le Japon, cas particulier et lointain), qu’il a été le premier pays totalitaire, qu’il a été le premier à faire exploser les partis traditionnels, qu’il a été le premier où l’extrême droite fascisante s’est reconvertie au système, jusqu’à participer à des gouvernements. Actuellement le système politique italien a à voir avec l’Empire Romain, après la République. Il y a eu Berlusconi, aujourd’hui Renzi, en embuscade Grillo. Comme dans l’Empire Romain il y a de la place pour les grands (César, Auguste, Justinien…) et pour les autres (Néron, Caracalla, Olybrius…).

Cela pour dire que le système politique français (et en particulier la représentation par deux grands partis le PS et Les Républicains) est près d’exploser et que par hasard Macron pourrait être celui qui allume la mèche. Si le système explose il se reconstituera à l’italienne de manière chaotique, sans la stabilité qui était donné par les grands partis d’hier (en Italie la Démocratie Chrétienne surtout, mais aussi le Parti Communiste). Et nous verrons, plus que probablement, le système médiatique, avec sa vitesse de renouvellement effrayante, faire monter des « Imperators », pour les rejeter aussi vite aux oubliettes. Macron pourrait être le premier.

Quand à gouverner, c’est autre chose. Je rappelai dans un précédent article les trois priorités (pour moi au moins) : une urgence environnementale ; une crise de gouvernance économique et une crise démocratique. Sur ces trois domaines Macron n’a pas plus d’idées, ni de chance de réussir que n’importe quel autre.

Une fois qu’il aurait fait exploser le système l’avenir serait encore plus incertain. Mais on ne sait jamais… L’avenir est toujours imprévisible (dans tous les sens positifs, comme négatifs).

En tout cas on ne s’ennuie pas. On peut sortir du trio Sarkozy – Le Pen – Hollande. Il y a au moins un minimum d’imprévu.