« Trois Visages » de Jafar Panahi cinéaste iranien est au festival de Cannes. Son auteur est condamné à 6 ans de prison, mais est assigné à résidence avec interdiction de tourner pendant 20 ans. Il n’a pas pu se rendre à Cannes. Mais il a quand même tourné ce film semi-clandestinement autour de Tabriz. Qui plus est il l’a tourné avec Behnaz Jafari, une actrice si célèbre dans son pays que tout le monde la reconnait dans la rue. Elle travaille pour des entreprises d’Etat. Elle est venue à Cannes présenter un film qui ne devrait pas exister avant de retourner à Téhéran jouer au Théâtre et tourner des séries télévisées. Quel faisceau de contradictions ! C’est la situation de l’Iran : si complexe, si vivante, si humaine finalement. Une dictature, une répression, mais aussi un peuple qui a appris à faire avec, à contourner. Une lutte, un grignotage de tous les jours plutôt qu’une lutte frontale qui mènerait dans le mur, quelque en soit l’issue.